Une armée spéciale pour Cizre sur décision du gouverneur

IMG_0189Cizre, petite ville du Kurdistan turc de 132 000 habitant-e-s, est toujours sous le feu de l’État. Victime de la guerre déclarée par l’armée turque contre le PKK, le peuple kurde résiste. Après avoir reculé, il y a quatre jours, et avoir vu les habitant-e-s enterrer leurs 22 martyres et célébrer leur victoire en se rassemblant par dizaines de milliers dans les rues, l’armée a réinvesti la ville. Cette fois une armée spéciale est mise en place, comme en période de guerre. Mais encore une fois, il n y a que des populations désarmées en face.

Centre d’Information : A Şırnak, dans la province de Cizre, suite à l’interdiction de sortir dans les rues durant 8 jours, pendant lesquels 22 civils ont été massacrés, l’État a créé une armée spéciale pour Cizre.

Le Gouverneur de Şırnak, Ali Ishan Su, a demandé l’envoie de 50 TOMA (Canon à eau), 42 kobras (véhicule de guerre blindé), 20 ejders (véhicule de guerre amphibie), 170 shortlands (véhicule blindé), 1 hélicoptère, 3 İHA (drone), 60 ranger blindés (véhicule blindé). En outre, deux semaines avant, Ali Ihsan Su a envoyé un courrier au Ministère de l’Intérieur demandant l’envoie de 2 000 policiers en renfort, ainsi que des bulldozers blindés armés qui se trouvent pas dans l’inventaire officiel de la police.

En conséquence, rappelant que déjà 3 566 policiers étaient en service dans la ville, le préfet Su demande l’envoie de 300 officiers pour les postes de polices, 100 gendarmes mobiles et 700 commandos spéciaux. Dans le courrier, il est aussi demandé l’installation permanente de forces anti-émeutes à Uludere et Beytüşşebap et de forces spéciales à Cizre, Silopi et İdil.

Les « bulldozers blindés et armés », qui se trouvent parmi les demandes, ne sont pas répertoriés dans les équipements de la police. La police utilise les « bulldozers blindés » pour refermer les fossés de défense qui se trouvent dans les villes kurdes. On ne sait pas si ces bulldozers modifiés, voulus par le préfet, ont été envoyés ou non.

Alors qu’il y a déjà 37 TOMA dans la ville, le préfet de Şırnak a demandé l’envoie de 50 TOMA supplémentaires.
Ali Ihsan Su a demandé l’envoie d’une liste de véhicules blindés ; 42 kobras, 20 ejders, 170 shortlands, 1 hélicoptère, 3 İHA, 60 Ranger blindés.

Traduit de : http://www.ozgurgelecek.net/manset-haberler/16663-validen-cizre-icin-oezel-ordu.html

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Le père d’Aylan Kurdi participe à la reconstruction de Kobanê

içerikIl y a bientôt 2 semaines, Aylan Kurdi, un enfant kurde de Syrie mourrait victime des politiques migratoires européennes. Sa famille voulant fuir une situation où la vie est impossible, où s’imaginer le lendemain est impossible, où les pensées telles « que vont manger mes enfants ? » ou « que fera plus tard mon enfants ? » sont inimaginables. Cette situation de guerre civile a été initiée par les pays occidentaux pour servir leurs intérêts, il est normal qu’ils accueillent les réfugié-e-s, et cela n’est pas une faveur, mais un premier paiement de la dette que ces pays ont envers les pays du tiers monde. Mais cette avenir ne sera pas celui du père d’Aylan Kurdi.

Centre d’information : Abdullah El Kurdi, père du syrien Aylan Kurdi, a annoncé qu’il souhaitait rester dans sa ville et aider à sa reconstruction.

Le père du syrien Aylan Kurdi a annoncé que sans sa femme et ses enfants il ne voulait plus vivre en Europe et a ainsi déclaré qu’il allait rester à Kobanê :
« Je vais rester auprès de mes enfants. Je vais aider le peuple de Kobanê. Je vais faire tout ce que je peux, je vais participer à la reconstruction de la ville. Chaque jour je me rends sur la tombe de mes enfants et avec cela j’essaie de me consoler. Ils ne quittent jamais mes pensées. Chaque jour je vais dans leur chambre et je sers leurs jouets dans mes bras. Je leur prépare une tombe. Je veux que chaque être humain sache comment ils sont morts. Pour un humain, il n’y a rien de plus douloureux que de perdre un enfant. Le fait qu’ils aient perdu la vie sous mes yeux ne fait que renforcer cette douleur. »

Attirant l’attention sur la situation difficile dans laquelle se trouvent les réfugié-e-s, Kurdi explique : « Hier, une famille que j’ai rencontré à Kobanê m’a dit qu’elle partait pour l’Europe par les voix illégales. Je leur ai rappelé ce qui m’était arrivé, mais ils m’ont dit que de toutes manières ici seule la mort les attendait. Ce désespoir est trop affligeant ».

Traduit de : http://ozgurgelecek.net/manset-haberler/16628-alan-kurdinin-babas-kobanenin-yeniden-inasna-katlyor.html

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Cizre ne se rendra pas ! (mise à jour)

COjIGqHWgAAj5WACizre, ville du Kurdistan turc, est sous le coup de la loi martiale depuis bientôt deux semaines (voir ici). Dans cette ville, où pourtant l’État n’affronte pas la guérilla du PKK, mais la population qui se défend, c’est une guerre qui est menée. La ville, sa population, les moyens de communications sont coupés de l’extérieur. Cizre est assaillie par l’armée. Un massacre a lieu à Cizre. En Turquie plus de 308 attaques ont été menées ces dernières 48h, par l’extrême droite, contre les populations kurdes ou contre les bureaux du HDP.

A Cizre, dans la province de Şırnak, le peuple résiste contre la guerre menée par le palais. 5 milles policiers et militaires ont été envoyés en renfort à Cizre où la loi martiale perdure. Durant le blocus qui continue, les habitations et les civils ont été pris pour cible, hier des véhicules blindés faisant des tours dans la ville, menaçaient de tirer sur tout ce qui bougeait. Malgré les attaques et le blocus, le peuple continue à résister, les élus HDP ont déclaré : « Soyez solidaire de Cizre qui est sous la menace d’un massacre, brisez ce blocus ». Depuis vendredi dernier, 9 personnes ont perdus la vie dans les attaques organisées.

COi_vtZUwAABnRRLes quartiers de Nur, Cudi et Yafes, où l’autodéfense s’organise, ont été les cibles des attaques la nuit dernière. Le quartier de Cudi a été mitraillé à l’arme lourde. Les intérieurs des quartiers ont été mitraillés par les véhicules blindés et des bombes ont été lancées. Alors que la plupart des maisons frappées par les obus ont été détruites, 2 d’entre elles ont pris feu. La population a été sauvée en se massant dans les sous-sols. Face à la résistance des forces d’autodéfense, les forces de l’État qui attaquaient les habitations à l’automatique A4 et au canon anti-aérien, et les véhicules blindés, ont été obligé de se retirer. Le peuple resté éveillé toute la nuit, a soutenu la résistance en protestant contre ces attaques de leurs balcons et de chez eux en lançant des slogans et en applaudissant.

Les enfants ont été mitraillés

Dans le quartier de Kale, les véhicules blindés qui ont ouvert le feu ont blessés 3 enfants, dont 1 gravement. Les ambulances bloquées par la police à l’entrée des quartiers, ne peuvent transporter les blessés dans les hôpitaux. Alors que Murat Babayiğit, 9ans, a pu être transporté à l’hôpital grâce à l’intervention des élus HDP, les autres enfants ont dû être pris en charge dans les maisons. Zeynep Kaçar, passée à tabac, n’a pu être transportée à l’hôpital du fait du blocage des ambulances.

Attaque sur les élus

Les véhicules blindés ont ouvert le feu sur des élus du parlement qui tentaient de passer du quartier de Nur à celui de Cudi. Le député de Şırnak, Faysal Sarıyıldız, a déclaré : « Lors qu’avec les amis députés, nous avons essayé de passer du quartier de Nur à celui de Cudi, les véhicules blindés nous ont coincé et tiré dessus ».

2 nouvelles personnes ont perdu la vie

Les attaques  du Gladio, l’État, contre les populations continuaient encore hier. Les véhicules militaires qui ont ouvert le feu dans la rue Ersin, dans le quartier de Nur, ont provoqué des feux de maisons et de voitures. La député Sibel Yigitalp affirme que 5 enfants qui se trouvaient au troisième étage d’un immeuble en feu ont été empoisonnés par la fumée. La police a attaqué les pompiers venus lutter contre les feux. Le pompier Lokman Sorgun a été blessé à la jambe. Les corps de 2 personnes non identifiées, l’un jeune l’autre vieux, ont été retrouvés dans un appartement en feu. Le député Ferhat Encü a annoncé que les appartements et les voitures, des alentours de l’hôpital de Botan, étaient en feux.

« VOUS quittez les quartiers ! »

Dans les quartiers sous blocus, les policiers dans les véhicules blindés ont fait cette annonce : « Nous vous avertissons une dernière fois, rendez-vous ». Les habitants de Cizre qui affirment : « Alors qu’ils massacrent sans distinction femmes et enfants, ils nous demandent de nous rendre », répondent ainsi aux menaces : « VOUS quittez nos quartiers ». Sibel Yiğitalp dit : « les rues sont vidées par les annonces faites par les véhicules blindés, la population est menacée par la mort. Ils affirment qu’ils vont tirer sur tout ce qui bouge ».

5 milles militaires et policiers en renfort

Malgré les menaces et les avertissements, les élus HDP, pointant du doigt la venue de 5 mille militaires et policiers en renfort, on fait cette déclaration : « Nous sommes face au danger d’un massacre encore plus important ». A Cizre, toujours sous le coup du blocus, où le nombre de blessés et de morts ne fait qu’augmenter, ils déclarent en appelant à soutenir Cizre : « Ceux qui restent silencieux seront responsables ».

Prenez soin de la résistance

izreeeLes habitants de Cizre, qui affirment continuer à mener la lutte contre les attaques des forces de l’État, expliquent : « Cette guerre n’est pas une guerre entre Kurdes et Turcs, mais la guerre d’Erdoğan ». Les femmes qui soulignent le fait que l’eau et l’électricité sont coupées du fait du blocus lancent un appel : « Tout le monde doit prendre soin du peuple qui résiste à Cizre. Cette guerre est celle du palais d’Erdoğan. Ils sacrifient les jeunes au nom du palais. Regardez, il n’y a plus d’eau ni d’électricité, les enfants ont faim, ils n’ont plus de lait, pourtant nous continueront à lutter contre la guerre de ce palais qui sacrifie la jeunesse».

Décision du Conseil National de Sécurité (MGK) pour Cizre

L’installation de la loi martiale à Cizre, et les attaques et les massacres qui ont suivi, ont été réalisés sur ordre du Conseil National de Sécurité. Il est apparu que le MGK a organisé cette action, appelé « opération urbaine », contre les groupes d’autodéfense. La première mesure appliquée a été l’envoie de 5000 militaires à Cizre. Il a été signalé que les procédés utilisés à Cizre vont être appliqué à 20 autres villes. Les villes concernées sont : Silopi, Uludere, İdil, Nusaybin, Kızıltepe, Silvan, Hazro, Lice, Sur, Çukurca, Şemdinli, Yüksekova, Beytüşşebap, Akçakale, Ceylanpınar, Doğubayazıt, Eruh, Pervari, Güroymak et Varto.

Les funérailles ne peuvent avoir lieu

A Cizre, les attaques des forces de l’État ont provoqué les morts de 7 personnes dont 1 bébé et 1 enfant. Avec les 2 personnes mortes brûlées vive, le nombre passe à 9 morts.
Les massacrés sont Sait Çağdavul et Osman Çağlı 18ans, Cemil Çağırga 13ans et Muhammed Tahir Yaramış 35 jours, dont le corps a été placé à la morgue de l’hôpital d’état de Şırnak pour autopsie. Du fait de la loi martiale, cérémonies d’enterrement ne peuvent avoir lieu.
Ö.M 13ans, blessé par un tir de la police, a été opéré à l’hôpital d’état de Şırnak.

Cizre n’est pas seule !

Plusieurs cortèges sont partis, des villes aux alentours, en direction de Cizre, sous contrôle du blocus depuis des jours, pour soutenir le peuple qui résiste. De plus, dans plusieurs grandes villes des actions de solidarités ont eu lieux.
A Mardin, les centaines de personnes partis en convoi automobile, dans lesquelles se trouvait le député de Mardin Erol Dora, ont été bloquées par les véhicules blindés. Ces personnes manifestants sur la route ont scandé « le peuple de Cizre n’est pas seul » et « Bijî berxwedana Cizîrê ».

Le convoi partant de Diyarbakir (Amed) dans lequel se trouve le THIV, IHD (association des droits de l’homme), MAZLUMDER et l’association des avocats de Mezopotamie, a été bloqué sur la route de Nusaybin. Ils ont pu passer après négociation avec la police.

Traduit de : http://www.ozgurgelecek.net/manset-haberler/16600-cizre-teslim-olmaz.html

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Today, the Palace targeted ESP : 11 arrests

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ESP (Socialist Party of the Oppressed/Ezilenlerin Sosyalist Partisi) was the target of a political liquidation operation today. Police raids have occurred against locals of ESP in Maltepe and Ataşehir, and at homes of party members in Kadıköy and Sancaktepe. After breaking down the doors, the Socialists were handcuffed before detention.

Etkin Haber Ajansı / Tuesday, September 8, 2015 at 12:36

As part of the political liquidation process against those opposed to the war, the Palace has targeted the Socialist Party of the Oppressed (ESP).

Police raids have taken place in the locals of the organization in Maltepe and Ataşehir, and in party members homes in Kadıköy and Sancaktepe. At least 11 people were arrested.

Police special forces participated in the raids.

The door of the local office of ESP in the district of Maltepe was broken down by anti-terrorist police forces who proceeded to ransack the office.

Goods of Duygu Tuna, martyred in Suruc have been stolen.

The door of the local office of ESP in Atasehir located in the district of 1 Mayis has been smashed by police.

The grille protecting the local of Sancaktepe was destroyed with a « ram ».

Raids took place in the house of the Suruc martyrs Ece Dinç and Büşra Mete, and Güray Şafak was put in custody. The police broke down the door and windows of the apartment. Those found in the house were mistreated and handcuffed behind their backs.

According to information received by the Legal Office of the Oppressed the names of 11 members of ESP held are: Şafak Güray, Filiz Çolak, Bersu Eroğlu, Hasret Hanbay Mahir Can Gültekin, Gamze Yüger, İsmail Gorur, Ersin Topçu, Cagdas Avcioglu, Eda Polat , Uğur Bolat.

Translated from : http://etha.com.tr/Haber/2015/09/08/guncel/istanbulda-esp-burolarina-polis-baskini/

 

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Aujourd’hui, le Palais a pris pour cible ESP : 11 arrestations

11228905_502160603284389_4636694976580230555_nLa cible de l’opération de liquidation politique d’aujourd’hui était ESP. Des descentes de police ont eu lieu dans les locaux d’ESP de Maltepe et d’Ataşehir, ainsi que les maisons des membres du parti à Kadıköy et Sancaktepe. Après avoir enfoncé les portes, les socialistes ont été menottés avant d’être emmenés.

Etkin Haber Ajansı / Mardi 8 septembre 2015 à 12:36

Dans le cadre de l’opération de liquidation politique contre ceux qui s’opposent à la guerre, le Palais a pris pour cible le Parti Socialiste des Opprimés (ESP).

Des descentes de police ont eux lieu dans les locaux de l’organisation de Maltepe et d’Ataşehir, ainsi que dans les maisons des membres du parti de Kadıköy et Sancaktepe. Au moins 11 personnes ont été arrêtées.

Les forces spéciales de la police ont également assisté aux descentes.

La porte du local de ESP situé dans le quartier de Maltepe a été enfoncée par les forces antiterroristes de la police, qui pilla ensuite le local.

Les biens de Duygu Tuna, martyre de Suruc, ont étés volés.

La porte du local de ESP de Atasehir dans le quartier de 1 Mayis a été défoncée par la police.

La grille protégeant le local de Sancaktepe a été detruite avec un « bélier ».

Une descente a eu lieu dans la maison des martyres de Suruc Ece Dinç et Büşra Mete, et Şafak Güray a été mis en garde à vue. La police a enfoncé la porte et les fenêtres de l’appartement. Les personnes trouvées dans la maison ont été maltraités menottés dans le dos.

Selon les informations reçues par le Bureau Juridique des Opprimés les noms des 11 membres de ESP détenues sont : Şafak Güray, Filiz Çolak, Bersu Eroğlu, Hasret Hanbay, Mahir Can Gültekin, Gamze Yüger, İsmail Görür, Ersin Topçu, Çagdaş Avcıoğlu, Eda Polat, Uğur Bolat.

Traduit de : http://etha.com.tr/Haber/2015/09/08/guncel/istanbulda-esp-burolarina-polis-baskini/

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La Guerre, la Jeunesse et l’Autogestion

11668022_964704703590772_1638299912_nLa violence est une puissance productrice. La violence produit des sujets, des valeurs, le temps et l’espace, ainsi que le pouvoir. Aucun-e sociologue, anthropologue ou philosophe travaillant sur la violence ne pourra nier ce fait. Les moyens de violence, de la même manière que les autres moyens de production et de reproduction sont répartis de manière inégale et les dominants se sont approprié le monopole de la violence. Le problème de la théorie libérale est que de la même manière qu’elle n’est pas dérangée par la répartition inégale de la propriété elle ne l’est pas non plus par la répartition inégale des moyens de violence et qu’elle vise à contrôler les problèmes liés à cette répartition inégale de la violence sans toucher à cette répartition. Le discours des droits humains est immanent à la théorie libérale et au lieu changer cette répartition inégale, il incite les opprimés à lutter pour limiter les effets délétères et catastrophiques qui en découlent. Le discours des droits humains dévoile, accuse et protège. Mais il a ses limites. En général il ne produit pas de la vérité mais de la réalité. Alors que la vérité apparait avec la décomposition de la répartition actuelle et des régimes du spectacle.

Les humains sont des êtres sociaux qui ne peuvent être abstraits de leur constructions et des leurs expériences sociales. Certaines expériences sociales pour les personnes vivant dans la société concernée les font sortir de leur humanité abstraite et font apparaitre des humanités concrètes et contextuelles, des revendications, des quêtes qui ne peuvent tenir dans les lois du discours des droits humains. De la même manière que la dynamique qui est la cause des massacres des Kurdes n’est pas une violation des droits humains, le soulèvement des Kurdes n’est pas une révolte de droits humains. La révolte qui se fait jour aujourd’hui au Kurdistan est une lutte contre le régime de répartition inégale des moyens de la violence. La guerre a beau être planifiée par Erdoğan, désormais, la révolte des Kurdes dépasse la guerre de Erdoğan, et même si Erdoğan était déchu de son trône, et si la Turquie devenait un pays conforme aux droits humains, les revendications des Kurdes ne seraient toujours pas satisfaites. Il y a peut être eut un moment comme celui-ci et il y en aura peut être à nouveau. Cependant, la période que nous traversons s’inscrit dans l’histoire selon une vérité qui dépasse Erdoğan et ses violations de droits humains.

Autogestion et violence

Erdoğan aurait pu transporter la guerre en Syrie, nous avions parlé de la probabilité d’une guerre civile. Le fait que la guerre se mette si rapidement à viser les Kurdes civils peut s’expliquer d’une part par l’absence en Turquie d’une conscience et d’un langage qui s’oppose à ce que les Kurdes soient considérés comme pouvant être sans arrêt sacrifiés par l’État de Turquie et d’autre part, par l’apparition au Kurdistan d’une socialité prête à faire la guerre. La guerre actuelle ne se déroule pas comme nous en avons l’habitude entre des soldats et des guérillas. En fait si on regarde bien, on comprend que les guérillas et les militaires n’ont pas pu trouver de raisons suffisantes pour faire la guerre et que le temps passé entre temps a fait naître un partage de souveraineté relativement stable sur le terrain qu’il est difficile de dépasser. Les militaires ne sont plus les anciens militaires. La guérilla s’est efforcée depuis longtemps à intérioriser les politiques de paix. De plus les avancées au niveau de l’attention de l’opinion internationale sont trop précieuses pour les sacrifier avec une guerre à l’ancienne. Cette situation peut changer, cependant lorsque nous comparons avec ce qui se passe actuellement dans les villes, nous voyons que nous sommes en face d’un affrontement contrôlé.

hendek.20141113132346La véritable guerre se déroule entre la jeunesse armée du Kurdistan et la police de Turquie. Il s’agit d’une guerre qui a commencé avec des provocations mutuelles, qui s’est propagée, qui a continué avec la terreur policière généralisée et les exécutions extra-judiciaires et qui vise à vider le Kurdistan de ses habitant-e-s. Les classes moyennes du Kurdistan, les jeunes éduqué-e-s, les politiques et les élu-e-s, sont retranché-e-s dans une position de spectateur-trice-s de la guerre, comme les milieux démocratiques de Turquie qui veulent la paix. Ces groupes, dans lesquels je m’inclus, ont du mal à entendre la clameur qui s’élève au Kurdistan et alors qu’ils construisent la revendication de la paix, sont obligés négliger de nombreuses réalités que je ne vais pas toutes énumérer ici comme la proclamation de l’auto-gouvernement, la jeunesse armée. Une position similaire est valable pour les classe moyennes Kurdes qui sont conscientes que la situation qui se dessine ne laisse pas de place à leurs propres subjectivités, et que la guerre présente n’est pas seulement contre la République de Turquie, mais se développe aussi contre la conception libérale de la citoyenneté, et contre les inégalité de genre, de classe, d’âge, d’éducation et de visibilité qui lui sont immanentes. Ce que pressentaient il y a 10 ans les classes moyennes Kurdes lorsqu’elles disaient « nous sommes la dernière génération qui pourra discuter et négocier » c’est exactement ce nouveau tableau.

La révolte des Kurdes aujourd’hui est clairement une insurrection contre la répartition inégale des moyens de violence et de gouvernement. L’autogestion et l’auto-défense sont deux pensées qui ont été développées de manière entremêlées dans le Mouvement de Libération Kurde. L’autogestion a été définie comme mouvement social de résistance et construction contre la répartition inégale des moyens de gouvernement et l’auto-défense contre la répartition inégale des moyens de violence. L’autonomie démocratique n’était pas l’appropriation de ces moyens par les politiques ou élus Kurdes mais signifiait une redistribution égale et démocratique de ces moyens à tout le peuple, il était prévu que les subjectivités et les collectifs démocratiques modernes prennent leur décisions de manière collectives à travers les assemblées, les communes et les académies, et que ces subjectivités et collectifs réalisent en même temps la production, la reproduction et la défense. Assurément ce n’est pas ce qui s’est produit, on en est même très loin. Si c’est cela qui avait été réalisé, l’autonomie n’aurait pas été proclamée au lieu d’être construite, la défense n’aurait pas eut lieu sous la forme d’affrontements, les quartiers, districts et rues n’auraient pas pu être coupées les unes des autres de cette manière.

Il y avait d’autres choix. Face à la non ouverture de l’Assemblée Nationale, des millions de Kurdes auraient pu paralyser toute la Turquie avec des actions de désobéissance civile, comme des grèves de la faim, cela aurait pu ne serait ce que momentanément indiquer à l’État turc qui ne reconnait pas la volonté Kurde sa fin, et cela aurait permis de le faire plier. En plus cela aurait pu être fait sans que personne ne meure et sans tuer personne. J’avais déjà écrit un texte semblable lors des évènements de Kobane. Si le HDP s’était comporté de manière organisée, si la structure du DTK avait fonctionné, si le DBP avait fait ce qu’il devait, la révolte de Kobane n’aurait pas été commémorée pour ses morts, mais par la puissance inédite du réflexe du peuple Kurde. Cependant l’histoire ne se déroule pas comme on le veut ou le souhaite. Le fait que l’histoire se déploie différemment de ce qui est attendu, que nos attentes soient mises en échec, vient du fait que ce sont les actions des sujets que nous ne cessons de créer dans nos rêves et dont nous refusons de reconnaitre les différences radicales soient les déterminants principaux de l’histoire.

Réaffirmons que la révolte de Kobane comme la résistance d’aujourd’hui sont des révoltes d’autodéfense. Alors que les Kurdes en tant que peuple voulaient apporter leur soutien à Rojava, comment se fait-il que l’État rabaisse et ignore leur volonté collective? Comment se fait-il qu’aujourd’hui les Kurdes vivent encore séparé-e-s de leurs propres enfants qui sont dans le maquis ? Comment se fait-il qu’ils et elles sont obligé-e-s de toujours convaincre en premier le peuple turc que de ce qu’ils et elles veulent ? Comment se fait ils qu’ils et elles soient toujours obligé de se soumettre à la volonté et aux caprices des préfets, policiers, et militaires envoyés par la Turquie ? Comment se fait-il que les lois ne s’appliquent que contre les Kurdes et jusqu’à leurs infimes détails ? Comment se fait-il que les Kurdes sont encore obligés d’aller à l’école en turc, d’avoir des cours les plus nationalistes et religieux que même les turcs n’aiment pas, et qu’ils soient condamnés à une histoire officielle dans laquelle tout ce qui à trait à leur propre culture est nié de A à Z. Comment se fait-il qu’ils n’ont pas le droit de s’auto-gouverner et de se défendre ? Qui est capable d’expliquer tout cela aux Kurdes ?

Cela s’appelle le colonialisme, l’occupation, et monopoliser les moyens de gouvernement et de violence, et ne les partager qu’avec un petit groupe social par le biais du capital, de la politique et de l’enseignement, rend invisible le colonialisme. Réduire l’insurrection de la jeunesse Kurde à une réaction contre des violations de droits humains, et même dire qu’il y a massacre, accuser Erdoğan, demander « cette guerre est la guerre de qui ? », toutes ces choses peuvent parfois contribuer à rendre le colonialisme invisible. Les jeunes à Gever, Silopi, Silvan, Varto, en l’absence d’une désobéissance civile, du fait de l’incapacité d’une politique qui s’est rendue sourde à eux de fournir une réponse, ont pris, que l’on aime ou pas, avec des erreurs et des mérites avec ses côté conforme à notre modèle et ceux contradictoires, leur destin en main et combattent avec toutes leur forces contre la monopolisation de la violence et des moyens de gouvernement.

Quelle jeunesse Kurde ?

Rojava a rendu le peuple du Kurdistan du Nord jumeau avec celui du Kurdistan de l’Ouest. Alors que des dizaines de jeunes du Kurdistan du Nord donnaient leur vie pour le peuple du Kurdistan de l’Ouest, alors que la guerre dans la région du Moyen-Orient avec ses armes et ses dollars, devenait visible sur la scène mondiale en même temps que le Rojava avec sa résistance, son projet d’auto gouvernement et sa dignité, il était évidement impensable que les jeunes Kurdes continuent au Kurdistan du Nord de répondre par la patience, les bons sentiments et la compréhension au fait qu’on les fasse vivre dans les insultes, les humiliations, l’attente, l’exclusion, et qu’ils soient considérés comme des invités dans les rues. Dans mes rêves il y avait une jeunesse révolutionnaire qui construirait la paix, comprendrait le concept d’autodéfense comme l’organisation du peuple à tout les niveaux. Une conception de la politique qui ignore les réalités sociologiques amène à se tromper comme ça. Qu’est-ce qu’on espérait?

cizredeki-olaylar-devam-ediyor-611086-664x354Pensiez vous que ces jeunes, dont les pères et les mères, avec les migrations forcées des années 90, ont été arraché-e-s à leur environnement et à tout leurs savoirs et sagesses, qui ont été témoins de leur transformation en ouvriers non qualifié, qui a l’école ont été coupé d’un coup de leur propre vie et qu’on a essayé de discipliner à l’école avec la langue turque qui coïncidait avec l’ennemi, ceux qui n’ont jamais été concernés par aucun des nombreux concours, source de (faux) espoirs pour la jeunesse turque, qui ont grandi avec les chants de la guérilla, qui n’ont pas pu rejoindre les guérillas, qui ne se retrouvent pas dans le langage utilisé par les hommes et femmes politiques Kurdes -du fait de la nature même de la politique- allaient se transformer en des sujets pacifiques, créatifs, révolutionnaires mais dociles?

Est-ce que ces jeunes allaient tourner le dos à la force acquise grâce aux armes de ceux qui paradent en arme dans les rues et les commissariats, pour organiser l’objection de conscience ? La même situation est valable pour les femmes. Effectivement nous sommes dans une situation dans laquelle les femmes du Kurdistan en ont marre de la vie et disent que quoi qu’il arrive elles sont prêtes. Les fouilles à nu ne prennent pas place dans les journaux. Une amie qui est allé à Varto raconte que désormais les femmes considèrent les policiers comme des pervers, qu’elles se protègent comme on se protège de pervers, qu’elles ne sortent pas de chez elles, qu’elles ne peuvent pas sortir, qu’elles ne font plus le ménage, plus à manger.

Tout cela n’est pas une question de droits humain. Tout cela est au delà de la question de la guerre qui serait celle de Erdoğan. Le peuple Kurde est en révolte pour reprendre les moyens de la violence et du gouvernement qu’ils considèrent comme des forces de colonisation et d’occupation, et la guerre de Rojava a donné à cette révolte en cours de construction un moyen, un but, et un langage propre.

Ce langage interne est un langage fort, résolu, digne et de combattant. Cependant, bien sûr que si ce langage, s’il ne se coule pas dans une éthique précise, si elle ne fait pas un élan de démocratisation, de transparence, et d’inclusion comme nous en avons vu les fondements à Rojava est un langage qui peut être dangereux. Effectivement les personnes qui travaillent dans la région parlent d’accusations d’être un agent, de jeunes qui se testent et se divisent entre zone avec leurs résistance, leurs victoires et leurs pertes, et d’une énergie qui est prête aussi à se tourner vers l’intérieur.

Aujourd’hui l’un des sujets les plus importants pour le Mouvement de Libération Kurde doit être de développer un leadership politique et social qui soit capable de rendre cette énergie universelle et morale, et qui en même temps ne sacrifie pas les jeunes kurdes, et ne permette pas qu’ils soient sacrifiés. L’une des responsabilités les plus importantes des mouvements démocratique de Turquie est de développer une réciproque à cette énergie. Si demain ou après demain les négociations reprennent, et qu’en disant « allez fermez ces tranchées » on fait passer le drapeau de Gever, Silopi, Cizre pour le confier à Diyarbakır, İstanbul et Van, on ne fera que verser de l’eau au moulin pour un prochain Mouvement Battasuna.

11992301_964706270257282_289870643_nLa non rencontre lors de la période passée, entre ces jeunes et les députés de Turquie, et le fait de livrer des centaines de jeunes de Turquie aux forces fascistes est le produit de la même erreur. Un jour certainement j’écrirai un texte pour ces jeunes turcs. Mais ce que je veut dire pour le moment c’est que tant que l’on ne discutera pas des problèmes dont j’ai parlé ci-dessus de manière claire, simple et en mettant un nom sur les choses, de manière à ce que les jeunes en soient les sujets, la voie de la politique légale en Turquie ne pourra pas être ouverte, si elle l’est ce sera pour une courte durée.

Et la paix?

Le Mouvement de Libération Kurde en alliance avec les forces de gauche et démocratiques, ont construit avec un grand labeur les interlocuteurs de la demande de paix en Turquie. En effet, aux quatre coins du pays, les femmes, le Bloc de la Paix, Mazlum-Der, et épisodiquement, même, si pas avec la même force, les familles de soldats, font monter les revendication de paix et de cessez le feu. Les discours de Cemil Bayık et de Duran Kalkan montrent que cette demande trouve un écho dans le Mouvement de Libération Kurde. Cependant il n’y a pas encore à l’ouest de répondant aux voix des jeunes et des femmes Kurdes. Il sera difficile que cette réponse apparaisse sans voir et reconnaître la différence radicale de la colonie, et sans qu’elle revête un langage universel. Pour le moment, nous n’avons pas dépassé le statut d’organisation des droits humains, y compris le HDP. Je rejoins la déclaration de Duran Kalkan qui a attiré des réactions. Le HDP aurait pu ne pas attendre l’ouverture de l’Assemblé Nationale. Il aurait pu traiter le thème de l’assemblée constituante, aurait pu convoquer des réunions rappelant les Congrès de Samsun, Amasya, Sivas, Erzurum qui ont été à l’origine de la guerre de libération, et dire que si l’Assemblée ne se réunissait pas il la réunissait. Effectivement, ce que nous appelons le coup d’État de Erdoğan, comme l’a rappelé plusieurs fois Demir Küçükaydın est le fait qu’une telle chose soit faite dans le palais présidentiel par la main du Président de la République.

L’exemple de Syriza doit nous servir de leçon. Syriza, qui n’avait par réussi à s’organiser dans le peuple, qui ne se faisait pas confiance à elle même, et qui s’est paralysée dans la politique des équilibres, organise aujourd’hui de sa propre initiative des élections anticipées. Nous avons écrit à plusieurs reprises que le HDP devait être un parti de la vérité et non des politiques de l’équilibre. Même si c’est de temps en temps cette qualité qui ressort, la plupart du temps le HDP continue à être dasn la position d’observateur passif. Créer les mécanismes qui permettent la concordance entre les organisations, les député-e-s et le peuple demande du courage et de la créativité.

Une faculté qui pourrait créer ce courage et cette créativité et une volonté politique qui serait fidèle à la vérité du peuple ne pourront être possible qu’avec le fait que les travailleur-se-s, les jeunes, les mères, les femmes au foyer, c’est à dire les parties opprimés de la société non pas choisissent leurs représentant-e-s mais deviennent les élu-e-s.
Mais malgré tout, n’accablons pas le HDP, parer une attaque totale de l’État, qui plus est dans l’espace légal, et cela sans sacrifier ses voix, en prenant en compte la Turquie et le Kurdistan c’est réussir l’impossible. Peut être que cette fois-ci ils ne laisserons pas le HDP passer le barrage. Peut être que dans ce cas là, la guerre sera bien pire encore. Alors que les déclarations du palais, les incitations à la délation, les tireurs d’élites, les lois qui visent à produire des chasseurs de prime sont en train de transformer la terre où nous vivons depuis des centaines d’années en enfer, nous avons tou-te-s besoin d’une maison. Le HDP ne laisse aucun doute sur le fait qu’il est prêt à nous offrir à tou-te-s une maison même dans la pire des situations.

Source: http://www.ortakhaber.com/yazarlar/nazan-ustundag

Traduit par  Sarah Caunes pour Nouvelle Turquie.

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La première cérémonie à l’occasion du 60ème anniversaire du pogrom du 6 et 7 septembre

6-7-Eylul-1955-webLes Grecs tiendront une cérémonie commémorative à Istanbul à l’occasion du 60ème anniversaire du pogrom des 6 et 7 septembre. Le 6 septembre, la Fondation de l’Église orthodoxe et de l’école de Yeniköy Panagia organisera une cérémonie commémorative à l’église pour ceux qui ont perdu leur vie pendant le pogrom.

La cérémonie aura lieu à l’église appartenant au patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem. Les 6 et 7 septembre, l’Église orthodoxe grecque de Yeniköy Panagia avait été protégé par les habitants de Yeniköy pendant les attaques, empêchant les attaquants de piller l’église. Néanmoins, l’église qui appartient au patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem avait tout de même été endommagée.

L’administration de l’église a également mis une annonce sur le journal Apoyevmatini. L’annonce se lit comme suit: « la mémoire des Grecs est encore vivant au 60ème anniversaire des événements tristes des 6 et 7 septembre. Le 6 septembre, après la cérémonie qui aura lieu à l’église de Saint-Georges, qui avait été endommagée pendant les attaques des 6 et 7 septembre, il y aura un service commémoratif à la mémoire des victimes ».

Traduit de : http://www.agos.com.tr/en/article/12647/the-first-ceremony-on-the-occasion-of-the-60th-anniversary-of-september-6-7-pogrom

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